Taux fixe ou variable : en Belgique, le taux fixe garantit la même mensualité pendant toute la durée stipulée, tandis qu’un taux variable, semi-fixe ou accordéon peut être révisé à des dates prévues au contrat, selon un indice de référence officiel et dans des limites encadrées par le Code de droit économique. Le bon choix dépend de votre budget, de votre tolérance au risque et de l’écart de taux au moment de l’offre.
En bref
- Un taux variable ne peut changer qu’à l’expiration de périodes d’au moins un an, à la hausse comme à la baisse (art. VII.143 du Code de droit économique).
- Sa variation suit un indice de référence calculé par l’Agence fédérale de la Dette et publié chaque mois au Moniteur belge.
- Le contrat doit plafonner la variation, et l’écart autorisé à la hausse ne peut pas dépasser l’écart à la baisse.
- Sur 250 000 € en 25 ans (quotité ≤ 75 %), notre grille du 30/09/2026 donne 1 281,25 € par mois en fixe et 1 224,90 € en semi-fixe 5/5/5 pour les 5 premières années.
Taux fixe ou variable : quelle différence ?
Le taux fixe est un taux débiteur qui ne change pas pendant la durée stipulée dans le contrat de crédit. Votre mensualité est connue dès la signature, pour toute la durée.
Le taux variable est un taux qui peut être revu à des dates prévues au contrat. En crédit hypothécaire, le Code de droit économique n’autorise pas n’importe quelle clause : en dehors des exceptions qu’il prévoit, toute clause permettant de modifier les taux ou les frais est réputée non écrite (article VII.143, § 2, du Code de droit économique).
Dans la pratique, les banques proposent plusieurs déclinaisons de taux variable :
- Semi-fixe (par exemple 10/5/5 ou 5/5/5) : le taux est fixe pendant une première période, puis révisable à l’issue de chaque période suivante (ici tous les 5 ans).
- Accordéon : formule variable dans laquelle la durée peut s’allonger ou se raccourcir dans une limite prévue au contrat ; notre grille indique par exemple « 20 ans (max 25) ». Les modalités varient selon le prêteur.
- Variable annuel : le taux peut être revu chaque année, ce qui correspond à la période minimale autorisée par la loi.
Que dit la loi belge sur les taux variables ?
L’article VII.143, § 3, du Code de droit économique (inséré par la loi du 22 avril 2016, en vigueur depuis le 01/12/2016, version consolidée consultée sur Justel) fixe les règles applicables lorsque la variabilité du taux a été convenue :
- il ne peut y avoir qu’un seul taux débiteur par contrat de crédit ;
- le taux doit pouvoir fluctuer tant à la hausse qu’à la baisse ;
- il ne peut varier qu’à l’expiration de périodes déterminées, qui ne peuvent être inférieures à un an ;
- sa variation doit être liée à un indice de référence choisi en fonction de la durée des périodes de variation ;
- à chaque révision, le nouveau taux est égal au taux débiteur initial augmenté de la différence entre la valeur de l’indice publiée le mois civil précédant la révision et sa valeur initiale ;
- le contrat doit limiter la variation, à la hausse comme à la baisse, à un écart déterminé par rapport au taux initial, l’écart à la hausse ne pouvant pas être supérieur à l’écart à la baisse ;
- si la première période dure moins de trois ans, le taux de la deuxième année ne peut pas dépasser le taux initial de plus d’un point et celui de la troisième année de plus de deux points.
Le contrat mentionne les modalités de variation et la valeur initiale de l’indice. Toute modification du taux vous est communiquée sur un support durable avant son entrée en vigueur (article VII.143, §§ 5 et 6).
Les indices de référence
Selon l’arrêté royal du 14 septembre 2016, les indices de référence A à J sont calculés chaque mois par l’Agence fédérale de la Dette : l’indice A se base sur les certificats de trésorerie à un an, les indices B à J sur les obligations de l’État de 2 à 10 ans. Ils sont publiés au Moniteur belge le vingtième jour de chaque mois et repris par le SPF Économie. Selon le SPF Économie, l’indice A correspond à un taux qui change chaque année.
À titre d’illustration, la valeur annuelle de l’indice E (obligations à 5 ans) était de 2,579 en septembre 2025 et de 3,303 en septembre 2026.
Fixe, semi-fixe ou accordéon : combien coûte chaque formule sur 250 000 € ?
Voici la mensualité et le total des intérêts pour 250 000 € empruntés, avec une quotité de 75 % au plus, selon notre grille du 30/09/2026. Pour les formules révisables, le calcul suppose que le taux de départ reste inchangé sur toute la durée : c’est une hypothèse de calcul, pas une prévision.
| Formule | Taux débiteur | Mensualité | Total des intérêts |
|---|---|---|---|
| Fixe 20 ans | 3,67 % | 1 471,83 € | 103 240 € |
| Semi-fixe 10/5/5 (20 ans) | 3,55 % | 1 456,33 € | 99 519 € |
| Accordéon 20 ans (max 25) | 3,60 % | 1 462,78 € | 101 067 € |
| Fixe 25 ans | 3,72 % | 1 281,25 € | 134 375 € |
| Semi-fixe 5/5/5 (25 ans) | 3,30 % | 1 224,90 € | 117 471 € |
| Accordéon 25 ans (max 30) | 3,60 % | 1 265,01 € | 129 502 € |
Exemple indicatif calculé avec les taux débiteurs relevés le 30/09/2026, hors assurances et frais ; il ne constitue pas une offre.
Sur 20 ans, l’écart entre fixe et semi-fixe 10/5/5 est de 15,50 € par mois. Sur 25 ans, le semi-fixe 5/5/5 coûte 56,35 € de moins par mois que le fixe tant que son taux ne bouge pas.
Et avec une quotité supérieure à 90 % ?
Dans la colonne 90 à 100 % de notre grille, la hiérarchie s’inverse : les formules révisables deviennent plus chères que le taux fixe.
| Formule (250 000 €) | Taux débiteur | Mensualité | Total des intérêts |
|---|---|---|---|
| Fixe 20 ans | 3,88 % | 1 499,19 € | 109 806 € |
| Semi-fixe 10/5/5 (20 ans) | 4,45 % | 1 574,88 € | 127 972 € |
| Accordéon 20 ans (max 25) | 4,50 % | 1 581,62 € | 129 590 € |
| Fixe 25 ans | 3,93 % | 1 309,95 € | 142 985 € |
| Semi-fixe 5/5/5 (25 ans) | 4,20 % | 1 347,36 € | 154 207 € |
| Accordéon 25 ans (max 30) | 4,50 % | 1 389,58 € | 166 874 € |
Exemple indicatif calculé avec les taux débiteurs relevés le 30/09/2026, hors assurances et frais ; il ne constitue pas une offre.
Que se passe-t-il si le taux variable est révisé ?
Prenons le semi-fixe 5/5/5 sur 25 ans à 3,30 %. Après 5 ans, il reste environ 214 995 € à rembourser sur 20 ans. Voici la nouvelle mensualité selon plusieurs scénarios de révision, à titre purement hypothétique et sous réserve des plafonds prévus au contrat :
| Taux après révision | Mensualité des 5 années suivantes | Écart mensuel |
|---|---|---|
| 2,30 % (−1 point) | 1 118,43 € | −106,47 € |
| 3,30 % (inchangé) | 1 224,90 € | 0 € |
| 4,30 % (+1 point) | 1 337,07 € | +112,17 € |
| 5,30 % (+2 points) | 1 454,74 € | +229,84 € |
Exemple indicatif calculé avec les taux débiteurs relevés le 30/09/2026, hors assurances et frais ; il ne constitue pas une offre.
Ce tableau montre une sensibilité, pas une prévision. Avec une formule accordéon, une hausse peut, selon le contrat, se traduire par un allongement de la durée plutôt que par une hausse de mensualité, dans la limite de la durée maximale prévue.
Comment choisir entre taux fixe et taux variable ?
- Le fixe convient si vous voulez une mensualité certaine.
- Le semi-fixe ou l’accordéon peut convenir si l’écart de taux avec le fixe est significatif et si votre budget peut absorber une hausse de mensualité à la révision.
- La quotité compte : au 30/09/2026, au-delà de 90 %, le fixe est moins cher que toutes les formules révisables de notre grille.
- Le remboursement anticipé reste possible dans tous les cas. En crédit hypothécaire, l’indemnité que le prêteur peut réclamer est calculée sur le solde restant dû et ne peut excéder trois mois d’intérêt (article VII.147/12 du Code de droit économique).
Que vérifier concrètement dans une offre à taux variable ?
- La durée de la première période et la périodicité des révisions.
- L’indice de référence retenu et sa valeur initiale.
- Les plafonds de hausse et de baisse (cap et plancher), écrits noir sur blanc.
- Pour un accordéon, la durée maximale et la règle d’ajustement de la durée ou de la mensualité.
Le simulateur du site calcule vos mensualités aux taux du jour pour chaque formule. BK Finance, intermédiaire en crédit hypothécaire basé à Namur, compare ensuite les offres de plus de 15 partenaires bancaires belges, sous réserve d’acceptation de votre dossier.
Questions fréquentes
Un taux variable peut-il augmenter sans limite ?
Non. En crédit hypothécaire, l’article VII.143 du Code de droit économique impose que le contrat limite la variation du taux, à la hausse comme à la baisse, à un écart déterminé par rapport au taux initial. L’écart à la hausse ne peut pas dépasser l’écart à la baisse. Le taux ne varie qu’à des dates fixées, au plus tôt chaque année.
Sur quoi se base la révision d’un taux variable ?
Sur un indice de référence officiel mentionné au contrat. Les indices A à J sont calculés chaque mois par l’Agence fédérale de la Dette à partir des certificats de trésorerie et des obligations de l’État, publiés au Moniteur belge et repris par le SPF Économie. Le nouveau taux égale le taux initial augmenté de l’évolution de l’indice.
Qu’est-ce qu’un taux semi-fixe 5/5/5 ?
C’est un taux fixe pendant une première période de 5 ans, puis révisable tous les 5 ans selon l’indice de référence et les plafonds du contrat. Dans notre grille du 30/09/2026, il démarre à 3,30 % sur 25 ans pour une quotité jusqu’à 75 %, soit 1 224,90 € par mois pour 250 000 €, hors assurances et frais.
Peut-on rembourser un crédit à taux fixe avant terme ?
Oui. Le consommateur peut rembourser à tout moment le solde restant dû par anticipation. Le prêteur peut stipuler une indemnité de remploi calculée sur le solde restant dû, au taux du crédit, qui ne peut excéder trois mois d’intérêt (articles VII.147/11 et VII.147/12 du Code de droit économique).
Sources officielles
- Justel — Code de droit économique, Livre VII (art. VII.143 et VII.147/12) (consulté le 30/09/2026)
- Justel — Arrêté royal du 14 septembre 2016 (indices de référence, chapitre 6) (consulté le 30/09/2026)
- SPF Économie — Indices de référence pour les taux d’intérêt variables en crédit hypothécaire (consulté le 30/09/2026)
- SPF Économie — Indices de référence du mois de septembre 2026 (consulté le 30/09/2026)
